Pendant les mois d'avril et de mai, Air Canada va nous présenter une nouvelle publicité télévisée et disons-le d'entrée de jeu, la plus récente publicité d'Air Canada est inversement proportionnelle au produit qu'elle représente: magnifiquement bien réussie!
Et à cet égard, la publicité créée par l'agence Marketel avec la réalisation impeccable de François Girard (dont on reconnait la signature dans l'image), a quelques affinités avec certaines des publicités créées par British Airways. Rappelez-vous cette série de publicités utilisant la musique de l'opéra de Léo Delibes, Flower Duet "Lakhme".
Dans les deux publicités d'Air Canada, cette musique - El Vuelo - créée par Hugues de Courson permet à François Girard de nous offrir une publicité empreinte de lyrisme (la prose des images), de grandeur (l'utilisation de vitres transparentes pour peindre les avions, fait respirer l'image et laisse étendre notre regard au-delà du premier plan), de simplicité (le geste des doigts, la voix des enfants), de modernité (les écrans qui s'allument dans l'avion), de pureté (la fin avec la jeune fille).
Dans la seconde publicité, en plus de retrouver ces mêmes qualités propres à la première, le réalisateur créé un lien entre deux mondes (L'Amérique du Nord et l'Asie) en nous plongeant dans la Chine nouvelle, si je puis m'exprimer ainsi. La peinture avec les doigts est devenue calligraphie. Un caucasien dessine depuis une boutique chinoise, sous les yeux d'une vieille dame chinoise (plusieurs symboles possibles, ici). On a évité de sombrer dans le cliché traditionnel asiatique pour nous montrer une Chine moderne qui est de toute façon un mélange incontournable de traditionalisme et de modernisme. Pour le meilleur!
Une bonne idée pour laquelle on a laissé l'équipe de création publicitaire et vidéo s'exprimer!
Encore!
***
Maintenant, si Air Canada pouvait s'occuper de son produit, parce-qu'au delà de la publicité qui sert à vendre un produit, ce produit s'avère trop souvent faire cruellement défaut. Tant à l'interne que sur le marché des consommateurs, c'est à pleurer (de rire ou de tristesse, choisissez ce qui convient le mieux)... Ce n'est pas pour rien qu'Air Canada est sur la liste noire de bien des gens, incluant leur propre personnel. Et ce qui est d'autant déplorable, c'est qu'Air Canada offre une image du Canada - because son nom - aucunement reluisante.
Allez Air Canada, laissez-vous entraîner par ces publicités et au changement demandé, répondez: "YES WE CAN!"
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jeudi 9 avril 2009
vendredi 13 mars 2009
Assurez vos humoristes contre la critique
Il est de bon ton depuis plusieurs années d'aller chercher les humoristes québécois pour représenter divers produits. Nos humoristes semblent avoir remplacé nos athlètes, dans ce créneau et c'est ainsi. façon de dire que la présence de l'humoriste ne laisse ni chaud ni froid. Le publicitaire doit disposer de tout les moyens pour faire vendre, et l'humour est un moyen facile, léger, qui permet parfois d'occulter la difficulté de vendre un produit, disons le, ennuyeux.
L'assurance.
S'il est un produit abstrait, quelque peu austère, froid, impersonnel, c'est bien l'assurance. C'est pourquoi, l'Industrielle Alliance s'est associé ces temps-ci avec Jean-Thomas Jobin. Oupss, et Liberté 55 avec André Sauvé.
Le comble.
D'un point de vue publicitaire, c'est d'une efficacité remarquable pour annuler l'effet de la création. Je peux imaginer la réaction de l'agence de publicité Amen et de leur client (Industrielle) lorsqu'il ont vu pour la première fois, la pub de Liberté 55, faite par St-Jacques, Vallée, Young & Rubicam. J'imagine le "humpff" étouffé des D.A. et la déception des deux clients.
Ce n'est que le premier problème...
Le second, c'est qu'il m'apparaît clairement que l'on a pris un risque en allant chercher des humoristes qui, s'ils sont connus, ne sont pas immensément connus. C'est une dualité dangereuse, étant donné l'humour particulier de ces humoristes qui ne sont pas main stream. Drôles, mais pas vraiment. Intelligents, mais pas accrocheurs pour autant. Risqué, mais cela en vaudra-t'il la peine ? À la différence d'un Benoit Brière qui s'est fait une réputation et une reconnaissance à travers Bell, et que nous avons donc appris à connaître avec le produit, ces deux nouveaux humoristes doivent coller leur style à un produit qui n'est - en apparence et en réalté - pas drôle. J'aurais peut-être apprécié disons, une autre forme d'humour, d'un autre angle. À cet égard, dans la publicité de l'Industrielle, le texte est visiblement empreint de l'humour second (parfois troisième) degré, de Jean-Thomas Jobin. Dans un si court laps de temps prévu pour l'annonce, ça ne suffit pas et le résultat ne vient pas. Jean-Thomas Jobin a, à mon sens, un humour qui se découvre sur le temps, sur la durée et la longueur du monologue. Non dans l'instantané. À la différence d'André Sauvé qui a la particularité de son faciès, de sa présence inhabituelle qui peut sauver les meubles. Pardon, il n'y a pas de meuble, dans cet publicité...
Ce qui m'amène à la troisième problématique.
La faiblesse de l'idée. Je nuance. Ce n'est pas ici un problème de réalisation. C'est un problème d'idée et en ce sens, on ne peut rendre - créativement parlant - une mauvaise idée, bonne, simplement parce-que l'on a un bon réalisateur. L'idée est faible, le rendu... le rend bien. Dans les deux cas, par ailleurs.
La publicité de l'Industrielle donne vraiment l'impression d'une ambition sans budget. Conséquence: faisons ça dans l'entrée du bureau. Original à s'en frapper le front sur le mur, sous le logo. On ne sait plus trop si l'on doit prendre en pitié l'humoriste de se retrouver là, ou le fait qu'il soit pris à jouer avec un personnage-pas-vraiment-éléphant (!), ou si l'on doit avoir envie d'inviter le réalisateur à venir prendre un verre avec nous afin qu'il ventile sa souffrance à avoir dû tourner une pub "alimentaire".
Quant à la publicité de Liberté 55. On a fait le truc du fond blanc. C'est simple. C'est plate. C'est ennuyeux. Mais le pire, c'est que c'est particulièrement mal éclairé. Un parallèle comparatif. Vous rappelez-vous des pubs récentes d'Apple, les deux personnages représentant Apple et PC sur fond banc ? Allez les retrouver sur l'internet et comparez l'ambiance. Dans le même genre, le blanc donne un tout autre résultat. On passe de la simplicité zen qui laisse toute la place au message (Apple) et appelle à la légèreté, une certaine forme de pureté du fait du blanc (Apple)... à la platitude la plus complète, marquée par une sous-exposition de l'humoriste, créant de ce fait une lourdeur, et presque un côté artisanal à petit budget. Faible.
Dans ces deux cas, est-ce un resserrement des clients dans les deux cas, qui ont mis un frein à la création, par le budget et la peur d'aller jusqu'au bout d'une idée ? Est-ce la faiblesse de la création au niveau vidéo ? Est-ce un manque de maturité dans la création du message de la part des agences de publicités ? Ce dernier cas est peu probable. J'ai tendance à aller pour la première suggestion.
Mais peu importe les raisons, le résultat est le même, différemment, dans les deux cas. C'est manqué.
On passe au prochain appel...
Les pubs:
L'assurance.
S'il est un produit abstrait, quelque peu austère, froid, impersonnel, c'est bien l'assurance. C'est pourquoi, l'Industrielle Alliance s'est associé ces temps-ci avec Jean-Thomas Jobin. Oupss, et Liberté 55 avec André Sauvé.
Le comble.
D'un point de vue publicitaire, c'est d'une efficacité remarquable pour annuler l'effet de la création. Je peux imaginer la réaction de l'agence de publicité Amen et de leur client (Industrielle) lorsqu'il ont vu pour la première fois, la pub de Liberté 55, faite par St-Jacques, Vallée, Young & Rubicam. J'imagine le "humpff" étouffé des D.A. et la déception des deux clients.
Ce n'est que le premier problème...
Le second, c'est qu'il m'apparaît clairement que l'on a pris un risque en allant chercher des humoristes qui, s'ils sont connus, ne sont pas immensément connus. C'est une dualité dangereuse, étant donné l'humour particulier de ces humoristes qui ne sont pas main stream. Drôles, mais pas vraiment. Intelligents, mais pas accrocheurs pour autant. Risqué, mais cela en vaudra-t'il la peine ? À la différence d'un Benoit Brière qui s'est fait une réputation et une reconnaissance à travers Bell, et que nous avons donc appris à connaître avec le produit, ces deux nouveaux humoristes doivent coller leur style à un produit qui n'est - en apparence et en réalté - pas drôle. J'aurais peut-être apprécié disons, une autre forme d'humour, d'un autre angle. À cet égard, dans la publicité de l'Industrielle, le texte est visiblement empreint de l'humour second (parfois troisième) degré, de Jean-Thomas Jobin. Dans un si court laps de temps prévu pour l'annonce, ça ne suffit pas et le résultat ne vient pas. Jean-Thomas Jobin a, à mon sens, un humour qui se découvre sur le temps, sur la durée et la longueur du monologue. Non dans l'instantané. À la différence d'André Sauvé qui a la particularité de son faciès, de sa présence inhabituelle qui peut sauver les meubles. Pardon, il n'y a pas de meuble, dans cet publicité...
Ce qui m'amène à la troisième problématique.
La faiblesse de l'idée. Je nuance. Ce n'est pas ici un problème de réalisation. C'est un problème d'idée et en ce sens, on ne peut rendre - créativement parlant - une mauvaise idée, bonne, simplement parce-que l'on a un bon réalisateur. L'idée est faible, le rendu... le rend bien. Dans les deux cas, par ailleurs.
La publicité de l'Industrielle donne vraiment l'impression d'une ambition sans budget. Conséquence: faisons ça dans l'entrée du bureau. Original à s'en frapper le front sur le mur, sous le logo. On ne sait plus trop si l'on doit prendre en pitié l'humoriste de se retrouver là, ou le fait qu'il soit pris à jouer avec un personnage-pas-vraiment-éléphant (!), ou si l'on doit avoir envie d'inviter le réalisateur à venir prendre un verre avec nous afin qu'il ventile sa souffrance à avoir dû tourner une pub "alimentaire".
Quant à la publicité de Liberté 55. On a fait le truc du fond blanc. C'est simple. C'est plate. C'est ennuyeux. Mais le pire, c'est que c'est particulièrement mal éclairé. Un parallèle comparatif. Vous rappelez-vous des pubs récentes d'Apple, les deux personnages représentant Apple et PC sur fond banc ? Allez les retrouver sur l'internet et comparez l'ambiance. Dans le même genre, le blanc donne un tout autre résultat. On passe de la simplicité zen qui laisse toute la place au message (Apple) et appelle à la légèreté, une certaine forme de pureté du fait du blanc (Apple)... à la platitude la plus complète, marquée par une sous-exposition de l'humoriste, créant de ce fait une lourdeur, et presque un côté artisanal à petit budget. Faible.
Dans ces deux cas, est-ce un resserrement des clients dans les deux cas, qui ont mis un frein à la création, par le budget et la peur d'aller jusqu'au bout d'une idée ? Est-ce la faiblesse de la création au niveau vidéo ? Est-ce un manque de maturité dans la création du message de la part des agences de publicités ? Ce dernier cas est peu probable. J'ai tendance à aller pour la première suggestion.
Mais peu importe les raisons, le résultat est le même, différemment, dans les deux cas. C'est manqué.
On passe au prochain appel...
Les pubs:
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